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Energie positive pour Montreuil - au-delà des principes de construction

Compte rendu de la visite du chantier du futur Groupe scolaire « Résistance » à Montreuil, en Seine-St-Denis, le 03/10/2013 – un projet « zéro énergie » très innovant.

Montreuil se tourne vers un avenir positif : le groupe scolaire Stéphane Hessel / Les Zéfirottes sera un modèle exemplaire d’application du Grenelle 2 ! Les six cents élèves, qui seront accueillis tous les ans, auront la chance d’apprendre et de grandir dans un climat intérieur sain. Ces élèves, les parents et le personnel éducatif seront les témoins d’un investissement intelligent de la ville : le coût de fonctionnement de leur école amortira dans quelques années le surcoût de la construction à haute qualité environnemental, grâce à l’approche bioclimatique des architectes de l’Atelier « Méandre », situé à Montreuil également.

Le groupement scolaire est un bâtiment public pas comme les autres. C’est le premier bâtiment du pays qui bénéficie d’un système de chauffage innovant : un groupe électrogène fonctionnant à l’huile de colza réutilisera la chaleur perdue par le moteur. Dans un deuxième temps, les huiles des restaurations collectives vont remplacer l’huile de colza ! C’est aussi le premier bâtiment scolaire du département Seine-Saint-Denis construit en ossature bois avec isolation en paille - et à énergie positive !

Tout ça est le fruit d’une décision prise par la ville de Montreuil au moment du concours, nous explique Nathalie ROUAULT, chargée de l’opération au Service Maîtrise d’ouvrage de la Direction des bâtiments de la ville de Montreuil. Au départ, il y avait eu trois options : bâtir selon la RT2012, faire un bâtiment passif ou construire un bâtiment à énergie positive, un BEPOS. La ville a choisi la troisième option, qui était la plus ambitieuse de toutes, mais aussi la plus économe en prenant en compte le coût du fonctionnement !

Nous commençons notre visite du chantier dans l’algéco devant l’école, où nous découvrons les maquettes et les plans des architectes ; on nous explique le programme et sa mise en forme. Une haute qualité environnementale était exigée non seulement à l’intérieur des bâtiments, mais aussi à l’extérieur de l’« Îlot 104 ». Le choix de ce terrain en plein centre de la ville a d’ailleurs été très critiqué par les habitants du quartier, qui avaient formé une association « AssQuaVie » en janvier 2011 pour conserver le dernier espace vert du centre de la ville et réduire la taille du programme du groupement scolaire : il était en effet prévu que le Groupe scolaire prenne place dans un Jardin accessible au public. Le chantier a pris ensuite un sérieux retard due à un changement du PLU suite à un recours de l’opposition municipale et une plainte de l’association. La fin des travaux, prévue pour septembre 2013, a été repoussée au printemps 2014. C’est peut-être grâce à cette résistance massive depuis le début des discussions sur la transformation de l’Îlot 104, que la ville a pris la décision de réaliser ce projet particulièrement ambitieux sur le plan environnemental ?

Programme : groupe scolaire doté de 15 classes élémentaires et de 9 classes maternelles, restaurant, centre de loisirs avec salle polyvalente de 155 places, cours de récréation et jardin public de 3.800m².

Surface bâtie : 6.200m²

Montant des travaux : 13 500 000 € - Le projet est subventionné par la communauté européenne (programme MUSIC), l’Ademe IdF et la CAF 93.

Salle de classe avec brasseurs d’air au plafond.

Maquette du mur extérieur : la paille est totalement enfermée dans les caissons.

Principe de construction : la structure en bois de mélèze, en provenance du Jura, est préfabriquée au Mans, à 200 km de Montreuil. Elle est amenée chez le pailleur, qui se trouve dans la même ville, ce qui réduit le transport, coïncidence heureuse pour l’énergie grise. Il remplit les caissons en comprimant la paille sans trop écraser les brins et sous contrôle du taux d’humidité. Les éléments sont refermés et transportés sur le chantier, où ils sont assemblés à l’aide de grues.

Zéro énergie : quels sont les moyens utilisés pour construire ce bâtiment à énergie positive ? L’isolation performante de la paille des murs extérieurs et du toit, une gestion intelligente de la ventilation double flux avec un rafraîchissement nocturne en été, un chauffage économe qui fonctionne à l’huile de colza, une récupération des eaux pluviales pour l’utilisation dans les WC, et une production d’électricité grâce aux 750 m² de panneaux solaires photovoltaïques installé sur les toits, qui sera vendue à ENERCOOP.

Zoom sur les bilans : -> cep* de -14,3 Whep/m²/an -> carbone** +1,4 kg CO2/m²/an -> déchets nucléaires -0,2gDN/m²/an en prenant en compte la production évitée par la mise en place des énergies renouvelables.

* cep = consommation d’énergie primaire = somme des énergies directement prélevées de la planète : extraction, transformation, transport, distribution, recyclage, pour livrer 1kWh au consommateur.

** le bilan carbone prend en compte des émissions indirectes ; calcul recommandé par la loi Grenelle 2 ; cela permet une prise en compte totale des émissions GES (gaz à effet de serre).

Les vieux platanes existants ont reçu une attention particulière pour ne pas trop souffrir de l’activité du chantier. Ils trônent majestueusement près de l’entrée de l’école et accompagnent le passage public.

L’Office de tourisme de la Seine-Saint-Denis organise des visites. Pour plus d’info, consultez : http://www.tourisme93.com/visites/fr/1538-une-ecole-a-energie-positive-le-chantier-du-groupe-scolaire-la-resistance.html

Vue de l’est sur l’entrée de l’école élémentaire.

Zoom sur la loi Grenelle 2

La nouvelle réglementation exige la surveillance de la qualité de l’air intérieur*** dans tous les bâtiments publics suivant une application en cascade établie par rapport à la vulnérabilité des utilisateurs. L’attention des acteurs du bâtiment se tourne non seulement vers la réduction des besoins en énergie, mais aussi vers la prévention des risques de pollution de l’air intérieur, en commençant par des mesures obligatoires pour tous les établissements d’accueil collectif d’enfants de moins de 6 ans et les écoles maternelles avant le 1er janvier 2015. Ensuite, les échéances sont étalées sur huit ans avec une application d’abord pour les écoles élémentaires, puis les accueils de loisir et les établissements d’enseignement du 2ème degré, pour finir avec la totalité des établissements recevant du public jusqu’en 2023.

***nota : c’est une mesure complémentaire à l’étiquetage obligatoire des matériaux de construction et de décoration.

Pour plus de détails sur la qualité de l’air intérieur, vous pouvez consulter le guide « Construire sain » de novembre 2011 : http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/guide_construire_sain.pdf

photos et texte : R. Mathiszig, Membre de la SCOP ALTER BATIR

 

Tapoté le 24 octobre 2013
par Regina Mathiszig
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